BEG

Cyril Bergerault

Directeur Commercial

PORTRAITS
Cyril Bergerault
Directeur Commercial
BEG
Bonjour à toutes, bonjour à tous. Aujourd'hui, on se retrouve dans le cadre de l'initiative Women4Warehouse, initiative d'Afilog. On est avec Cyril Bergerault de BEG Ingénierie. Bonjour Cyril.
Bonjour Laura, ça va très très bien.
Merci d'être là. On est là pour parler de toi, pour parler de ton parcours et de ta profession. Qu'est-ce que tu fais chez BEG ? Est-ce que tu peux commencer en nous expliquant ton parcours scolaire et professionnel ?
Alors mon parcours scolaire professionnel, après une école de commerce, j'ai intégré le groupe Bouygues en 1997, bâtiment international, je voulais travailler à l'étranger et j'ai pas été déçu, on m'a envoyé en Ouxbékistan, je veux une corps de pêche. Donc un pays assez rude, assez difficile, très froid l'hiver, très chaud l'été et puis clairement un pays assez fermé sur lui-même, pas d'internet. On construisait un hôtel, donc ça, ça a été une expérience pendant deux ans très intéressante.
Je suis resté deux ans là-bas. Et ensuite, je suis parti à Prague. Donc après l'Osbekistan, contraste fabuleux, très très joli capital. On construisait un immeuble de bureau pour des Américains et des hôtels pour le groupe Accor. À l'issue de ces deux ans, je suis rentré au siège où là j'ai travaillé pour la partie Amérique du Nord et centrale. C'était les premiers chantiers que Bouygues avait décroché à Cuba. Plus des chantiers compliqués en Haïti, encore un pays assez difficile. À l'époque. Pendant toute cette période-là, mon métier c'était de faire du contrôle de gestion.
C'est-à-dire que tu contrôlais les différents projets pour s'assurer que tout se passe bien ?
C'est ça, sur la partie plutôt financière et économique du projet. Donc, après avoir travaillé, j'ai travaillé pour SGE International, qui était une filiale du groupe VINCI. Donc là, c'était principalement l'Afrique, donc Côte d'Ivoire, Mali, Sénégal, essentiellement. Plutôt, plutôt Afrique francophone, donc toujours en contrôle de gestion. Ensuite, après avoir lancé un chantier en Slovaquie, que le groupe avait gagné, comme je connaissais la Tchéquille, je suis allé lancer ce chantier. Et puis je suis parti du côté de Blois, dans une filiale qui s'appelait ETDE à l'époque, Bouygues Énergies Services aujourd'hui, la filiale énergie du groupe Bouygues, où là on venait de racheter un certain nombre de sociétés en France et il fallait mettre de la gestion dans tout ça. Donc j'ai travaillé pour cette société. Ensuite, toujours chez Bouygues, je me suis rapproché d'Orléans. où j'étais responsable du contrôle de gestion de l'entité. Et à ce moment-là, un de mes patrons m'a dit, écoute, le contrôle de gestion, c'est bien, t'aimes les gens, t'aimes discuter, il faudrait que tu passes au commerce. Et donc, j'ai fait cette transition, j'ai changé de métier. Je suis passé du contrôle de gestion où on est en back-office, au commerce où on est plutôt devant la feuille blanche.
La relation humaine.
La relation humaine. Et c'est comme ça que j'ai basculé. Donc, j'ai continué à travailler un peu pour le groupe Bouygues en commerce. Et puis ensuite, J'ai rejoint une entité qui s'appelle Baudin Châteauneuf, qui est une très vieille entreprise familiale dans la région d'Orléans, qui fait notamment de la charpente métallique. Et là, je suis reparti à l'export, complètement, pour redévelopper l'export. Donc, ça a été du commercial, plutôt sur des ponts et de la charpente. Donc, ça a été le Maroc, ça a été la Tunisie, beaucoup la Côte d'Ivoire. Je partais en mission. Et je revenais ensuite en France et lorsqu'on avait des projets, on les étudiait en France et ensuite on envoyait les équipes pour construire. Donc on a fait des ponts au Cameroun, on a fait un stade en Côte d'Ivoire pour la Coupe d'Afrique des Nations. J'ai fait ça pendant quatre ans et c'était vraiment intéressant, alors un peu pas toujours simple familialement, parce que je partais assez longtemps, je partais beaucoup. Et puis il y a six ans, j'ai rejoint le groupe BEG Ingénierie qui se trouve à Orléans. J'avais connu chez Bouygues, le directeur général actuel. J'avais connu un des actionnaires de l'entreprise en Côte d'Ivoire. Et là, ils m'ont dit, voilà, on veut muscler un peu notre force commerciale. On cherche un directeur commercial.
Qui est finalement tes études, en fait, parce que tu as fait un retour sur tes études d'initiative. C'est ça.
Donc vient nous rejoindre. Et donc maintenant, depuis six ans, je suis directeur commercial chez BEG Ingénierie.
Super. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire dans la vie tous les jours ? Quelles sont tes missions que tu fais ?
Chez BEG Ingénierie, on a trois activités. Activité historique, la maîtrise d'œuvre. C'est là où on conçoit des bâtiments, c'est là où on dépose des permis de construire, c'est là où on suit les autorisations pour les obtenir. Ça, c'est la maîtrise d'œuvre. Et on réalise aussi des bâtiments en maîtrise d'œuvre pour le compte du maître d'ouvrage. Il y a une activité de promotion immobilière via une société qui s'appelle OCA, donc là on va plutôt chercher des fonciers, développer des programmes. Et puis il y a une activité de construction, donc moi je suis dans cette activité qu'on appelle l'activité clé en main, donc mon job au quotidien consiste à aller voir les clients qu'on a déjà pour voir quels vont être les futurs projets, et puis d'aller solliciter d'autres clients, par le réseau, par des associations, par des rencontres, par Afilog aussi, avec toutes les rencontres qu'on a, pour comprendre les besoins. Lorsqu'une affaire est identifiée et que la direction générale me dit « OK, on y va », on met en place une équipe projet, avec un responsable de la conception ou de l'ingénierie qui va prendre en charge la partie technique. Oui, bien sûr. toute une équipe de notre bureau d'études, on a des architectes, on a des responsables structures, VRD, fluides, électricité, voilà, qui travaillent chez BEG, donc on va travailler sur ce projet. Et quand on a la chance de gagner le projet, on va transférer ça aux équipes travaux qui vont réaliser, s'installer sur le chantier et réaliser le projet clé en main pour le livrer aux clients, donc ça peut être de l'entreprise générale, ça peut être en contractant général, En logistique, c'est très souvent un contrat de promotion immobilière, donc le fameux CPI. Donc voilà, et là on arrive à toute la chaîne, le projet est livré au client, clé en main, il peut l'utiliser.
Vous avez vraiment tout un accompagnement des clients aujourd'hui en fait. Oui, tout à fait.
Vraiment, du début à la fin, on peut complètement concevoir à partir d'une idée, de l'idée du client jusqu'à la livraison, la livraison clé en main. Sur certains bâtiments, on fait également des opérations de maintenance.
Et tu ne travailles actuellement qu'en France ou tu as gardé un peu avec tout ton historique travail à l'étranger ?
Moi mon périmètre reste français mais on travaille dans neuf pays à l'étranger donc j'ai un collègue qui est en charge du commerce pour l'international. Avec certains clients, je bracone un peu de temps en temps en Espagne ou en Italie. En Italie, j'avais accompagné un client, on a travaillé pour une grosse plateforme pour Vailog, maintenant SEGRO, et le locataire final est un géant du e-commerce américain. Et ça, voilà, c'est parce que je connaissais ce client-là. Mais sinon, on a vraiment une entité à part avec un directeur de l'International et j'ai un homologue sur International. Mais en France, il y a beaucoup de choses à faire.
Ah oui, on a beaucoup de boulot, surtout en ce moment. Merci beaucoup. On est là pour parler d'initiative Women4Warehouse, pour parler de la parité et de l'égalité professionnelle. Tu es le premier homme qu'on reçoit en plus pour poser des questions, ce qui est super. Et la question qu'on me pose d'habitude, c'est est-ce que vous pensez que votre parcours serait différent si vous étiez un homme ? Là, est-ce que tu penses que ton parcours aurait été différent si tu étais une femme ?
Est-ce que mon parcours a été différent ? Pour être clair, il y a 25 ans, pour partir dans des pays un peu compliqués, un peu roots, comme l'Ouzbékistan, le Turkménistan, on ne proposait pas à beaucoup de femmes. Il y en a quelques-unes, j'en ai connu quelques-unes, mais ce n'était pas tellement dans l'air du temps. Quand je suis arrivé en Ouzbékistan, je ne travaillais qu'avec des hommes. À toutes les réunions, il y avait des hommes, c'était des pays. assez fermés. On ne se rend pas forcément compte, mais on travaille beaucoup sur la parité en France, on essaie d'avancer. Il y a des pays qui sont encore beaucoup plus loin que les autres.
J'ai pu voir ça dans différentes cultures.
Quand j'ai travaillé pour Baudin-Châteauneuf et notamment en Afrique, il y a des moments où j'ai fait des missions, notamment en République démocratique du Congo, donc là on partait dans des cat-cats, on avait des gardes du corps pour éviter les enlèvements, c'était Roots, alors moi j'ai fait beaucoup de scoutisme, donc vivre dans des conditions d'hygiène un peu spartiate, donc bien évidemment des femmes pourraient le faire, encore une fois, Je pense que peut-être elles n'étaient pas très nombreuses, peut-être que les directions générales ne les proposaient pas forcément. La dernière chose, c'est que ça m'est arrivé plusieurs fois de partir pour une mission d'une semaine et de rester trois semaines dans le pays. C'est pas une question d'homme ou femme, mais il y a toujours la question, moi j'ai des enfants, il fallait pouvoir avoir quelqu'un qui assure la base arrière et qui puisse... Voilà, donc le choix de vie qu'on avait fait, mon épouse ne travaillait pas, et donc elle avait cette possibilité qui me donnait une grande liberté pour pouvoir justement partir et partir longtemps. Ça pourrait se faire dans un autre cadre, c'est monsieur qui... qui reste à la maison pour assurer cette base arrière et madame qui part. Donc ce n'est pas un frein objectif, mais bon, de temps en temps, ce n'est pas toujours simple. Oui, je pense que dans mon cas particulier, ça aurait été différent si j'avais été une femme.
C'est hyper intéressant de voir tes expériences à l'étranger, surtout en fonction du contexte historique, géopolitique, je pense, de l'époque, qui a évolué, mais il y a certains pays qui n'ont pas vraiment changé. C'est là où tu as vu la différence, même si aujourd'hui, comme tu dis, en France, on a moins ces prismes-là qui auraient pu changer. Et on va parler de BEG quand même. Est-ce que vous avez une parité ? Est-ce que vous avez des initiatives justement pour promouvoir cette égalité professionnelle dans votre structure ?
Paris t'es non, mais volonté oui, et très affirmée. 2021 on avait 27% de femmes, 2024 on a 31% de femmes, donc ça progresse. Ce qui est certain, c'est qu'il y a des actions qui sont mises en œuvre. Un jeune diplômé, homme ou femme, partira avec la même rémunération. Ça, c'est vraiment assez important. On mesure l'écart des rémunérations par catégorie, par tranche d'âge. Dans les entretiens individuels, on va sensibiliser les managers. Si on constate un écart, par exemple, on va dire à un manager, dans ton équipe, Marion a priori, elle a le même métier que Jean, elle gagne 5% de plus. Est-ce que tu penses que c'est normal, pas normal ? Ça ne veut pas dire qu'on va remonter automatiquement le salaire de Marion, mais simplement, on se pose la question. Avant, on ne se posait pas cette question.
Oui, c'est ça. C'est pour sensibiliser, déjà.
Aujourd'hui, dans nos recrutements, et on est quand même dans une société de communication, donc beaucoup de postes LinkedIn, où on montre des visages de nos collaboratrices. Sur nos salons, quand on va sur des salons, on va sur les salons de l'ESTP, sur un certain nombre de salons de recrutement, il y a toujours des collaboratrices qui viennent et qui sont là. Dans nos associations, dans nos actions, on demande à nos collaboratrices d'être là pour dire si vous voulez que d'autres femmes viennent, les meilleures ambassadrices, ça peut être vous, et vous poserons des questions très pratiques, comment ça se passe, il ne faut pas se leurrer, il y a aussi des sujets qui sont réels, une grossesse, il faut le gérer, il y a un arrêt, comment ça se passe, qu'est-ce qui se passe après, est-ce que je vais retrouver mon poste, enfin c'est des questions lié vraiment au fait d'être une femme, mais ça peut être intéressant de discuter. Donc oui, ce que je peux dire, c'est que la société, vraiment une autre société, est très engagée sur ces sujets-là. Et on le voit, moi je ne travaille qu'en équipe projet. Travailler avec des équipes mixtes, c'est vraiment un bonheur tout le temps.
On parlait de valeur ajoutée, je me sens bien en parler. Et déjà tu es là aussi pour parler de cette question. Donc c'est super et que ça continue. Et je pose cette question, si tu avais une baguette magique et tu pouvais inciter d'autres entreprises sur cette question, quelle action te tient à cœur justement pour arriver à cette parité ?
Je pense que les initiatives qui ont été prises chez BEG sont des bonnes initiatives et ça peut se reproduire. Aujourd'hui, avec Women4Warehouse, vous montrez aussi qu'un certain nombre de groupes qui n'est pas réservés aux femmes, et c'est pour ça que moi j'ai accepté parce que je trouve ça intéressant d'être avec vous et avec vous toutes pour travailler sur ces sujets-là, Mais le fait de montrer dans nos communications que des femmes sont là, le fait de pouvoir recruter un peu plus. Il y a d'autres actions, par exemple, qu'on met en oeuvre. On prend beaucoup d'alternants. On a un objectif, 40% d'alternantes, 40% de stagiaires. Aujourd'hui, on n'est pas là. Pourquoi ? Parce qu'on a déjà une beaucoup plus grande quantité de demandes d'hommes. Mais au moins, on a cet objectif. Pour l'instant, je crois que chez les alternants, ça doit être 27% et chez les stagiaires, c'est 30%. On progresse d'année en année. On préfère faire des petits pas, mais avancer. Je pense que ça, ça peut être aussi des bonnes pratiques et que les entreprises se disent, tiens, c'est une bonne idée, chez nous, tiens, nos stagiaires, comment ça fonctionne. Fixons-nous des objectifs, 30%, 40%, 50%, tout dépend de là où on part. Et puis mesurons et on verra si on fait des progrès d'année en année. C'est ce que je peux proposer.
C'est super. J'espère qu'il y a quelqu'un qui écouteront et qui suivront ces conseils. Merci beaucoup pour tous tes conseils, ton expérience et j'espère que tout le monde fera comme BEG.
Merci beaucoup. Merci. À bientôt.
Au revoir.

Cyril Bergerault

Directeur Commercial